Direct n°124 - François Asselineau répond à vos questions

François Asselineau

Le direct du 2 septembre 2026 (n°124) a rassemblé autour de François Asselineau des intervenants variés – Marc Nepala, Lucas, Louise, les adhérentes Anne et Anis (spécialiste en IA), Xavier d’Alsace – et a annoncé le prochain rendez‑vous le 9 septembre (n°125) ainsi que l’université d’automne des 26‑27 septembre à Valère, près du château d’Azel‑Rideau. Au programme figuraient une table ronde sur l’éducation nationale, un débat sur le basculement du monde vers l’Asie et les BRICS, et le discours de rentrée du président marquant le lancement officiel de la campagne présidentielle. L’organisateur a rappelé que, du fait de la règle des 500 parrainages d’élus locaux et du refus de deux‑tiers des maires, le nombre réel de candidats ne pourra dépasser une douzaine, contrairement aux rumeurs de trente‑cinq prétendants.

Asselineau a dénoncé la mainmise d’oligarques (comme Bolloré) sur le système politique, qui placent leurs personnes à la tête de l’État et imposent un agenda médiatique strict aux candidats visibles. Il considère son interdiction d’antenne comme la preuve qu’il échappe à ce contrôle et qu’il peut réellement « renverser la table ». Selon lui, l’abstention profite aux puissants, tandis qu’un vote en 2027 destiné au candidat caché par les oligarques serait le seul moyen de changer le système. Il juge que des figures telles que Le Pen ou Mélenchon, malgré leurs critiques médiatiques, servent en réalité le même ordre établi. Il a également commenté le référendum islandais qui a rejeté la reprise des négociations d’adhésion à l’UE, rappelant que le processus avait été lancé autour de 2010 par un gouvernement social‑démocrate, puis stoppé par un gouvernement euro‑sceptique, et le voit comme un affront pour Ursula von der Leyen.

L’Islande avait d’abord suspendu puis retiré sa demande d’adhésion à l’UE, mais en 2024‑2025 une nouvelle coalition menée par la Première ministre pro‑européenne Mme Frostodier‑Tyr est arrivée au pouvoir, promettant de rouvrir les négociations après un référendum. Élue dans un contexte où l’île (≈384 000 habitants, riche en pêche, énergie géothermique et paysages sauvages) ressentait une pression accrue à cause des déclarations de Donald Trump sur le Groenland, elle a fixé un référendum pour le 29 août 2026 afin de décider simplement de la réouverture des discussions avec l’UE. Malgré des sondages favorables, environ 52,8 % des Islandais ont voté « non », rejetant ainsi la reprise des négociations. Le pays demeure donc hors de l’UE et de l’euro, tout en maintenant ses liens particuliers avec les États‑Unis et sa politique indépendante fondée sur ses ressources naturelles et son identité culturelle.

L’auteur souligne que l’Islande, la Suisse et la Norvège occupent systématiquement les premières places de l’indice de développement humain (IDH) du PNUD, témoignant d’un niveau de vie, d’espérance de vie et de participation féminine à la politique parmi les plus élevés du monde. Ces trois pays, malgré leur refus de rejoindre l’UE et l’euro, affichent un PIB par habitant largement supérieur à la moyenne européenne (environ 90 000 € en Islande, nettement au‑dessus des 42 000 € moyens de l’UE en parité de pouvoir d’achat). Les médias français ont largement passé sous silence cette réalité, alors qu’elle contredit le récit selon lequel l’adhésion à l’UE serait synonyme de prospérité. L’Islande, la Suisse et la Norvège continuent de prospérer indépendamment, ce qui révèle, selon lui, l’absurdité de l’idéologie d’une expansion infinie de l’Union européenne.

Si l’Islande avait rejoint l’UE, sa contribution nette aurait été de l’ordre de 100 à 150 millions d’euros par an (≈350‑380 €/habitant), alors que la France verse près de 13 milliards d’euros. Cette adhésion aurait signifié la perte d’une partie de son autonomie : la politique étrangère, les accords avec la Chine et la gestion exclusive de ses riches ressources halieutiques auraient été soumis aux décisions de Bruxelles et de la Commission von der Leyen. L’Islande, qui ne représente que 0,08 % de la population de l’UE, aurait eu très peu d’influence au Parlement européen (six députés sur 735) et aurait été contrainte d’accepter les décisions prises à la majorité qualifiée, même lorsqu’elles allaient à l’encontre de ses intérêts nationaux. Enfin, l’Islande préfère rester hors de l’UE afin de préserver sa diplomatie indépendante, son partenariat stratégique avec la Chine et le contrôle de sa pêche, qui constitue à la fois sa principale richesse économique et un élément central de son identité nationale.

Le référendum a montré que l’argument selon lequel un petit État ne pourrait pas survivre seul est fallacieux : l’Islande, avec ses 394 000 habitants, connaît un succès économique et social notable. Les moins de 25 ans ont voté « non » à hauteur de 60 %, motivés par la volonté de préserver la pêche, la souveraineté nationale et de ne pas financer une direction perçue comme celle de Mme von der Leyen. L’économie islandaise se porte bien grâce à des réglementations bancaires strictes, un secteur touristique florissant (environ 2,4‑2,5 millions de visiteurs étrangers par an, soit près de six touristes par Islandais) et une croissance soutenue. Ce schéma de rejet majoritaire de l’UE par les jeunes se retrouve dans la plupart des référendums européens depuis 1972, à quelques exceptions près (Pologne, Autriche, Brexit). Le discours de M. Haddad vantant le respect de la souveraineté par l’UE est dénoncé comme mensonger, rappelant les précédents où les votes négatifs ont été contournés ou imposés malgré l’opinion populaire.

Concernant l’opinion française, le baromètre de la Fondation Beaudoin indique 54 % de Français souhaitant sortir de l’Union, alors que les sondages habituels (IFOP, Sofres…) donnent seulement autour de 25 %. Cet écart s’expliquerait par le fait que les instituts de sondage français seraient aux mains des partis et feraient plus de politique que de statistique, tandis que la fondation belge, prétendument indépendante, n’aurait pas d’intérêt particulier. La tendance à vouloir quitter l’UE se renforce partout en Europe (Frexit, Italexit, Dexit, Dutchxit…) et même Macron, en 2018, aurait déclaré devant la BBC qu’un référendum sur le Frexit serait probablement gagné par le oui. Le locuteur dénonce une censure médiatique qui empêche le débat, la comparant à une « victoire à la Pyrrhus » des censeurs et à la dégénérescence de l’URSS à l’époque d’Andropov/Chernenko, tout en minimisant l’argument Erasmus comme preuve de l’adhésion des jeunes à l’UE. Il rappelle que lors du référendum de 2005 sur la Constitution européenne, 55 % des Français avaient voté non, avec seulement les plus de 60 ans favorables, et que les sondages actuels donnent Marine Le Pen en tête malgré ses casseroles judiciaires, ce qui renforcerait l’idée d’un mécontentement profond envers l’establishment pro‑européen.

Sur le terrain, Marine Le Pen et Jean‑Luc Mélenchon apparaissent comme les deux candidats bénéficiant actuellement du plus grand élan populaire. Toutefois, les sondages qui placent Le Pen à 37‑38 % sont remis en cause puisqu’elle n’a jamais dépassé 22 % lors des scrutins précédents et que les résultats récents (municipales, partielles, scores faibles à Paris, Strasbourg, Rennes, etc.) sont très éloignés de ce niveau. Beaucoup de citoyens envisagent de lui donner sa chance de façon « fantasmatique », alors qu’elle refuse toute sortie de l’UE ou de l’euro, malgré ses félicitations aux Islandais pour avoir rejeté l’intégration européenne. Le locuteur critique ses promesses irréalistes de réduire la contribution nette de la France à l’UE de 13 à 5 milliards d’euros, note le même manque de concret chez Mélenchon sur la question européenne, et appelle ses compatriotes à réfléchir davantage, rappelant que la modification des traités européens exige l’unanimité des 27 États.

Le constat est que parvenir à un accord parmi les 27 parlements ou référendums européens – ce qui nécessiterait 54 accords – est devenu pratiquement impossible, bloquant ainsi l’avancée des traités sur les questions migratoires, commerciales, de défense, de politique étrangère et industrielle. En France, Marine Le Pen et Jean‑Luc Mélenchon pourraient tous deux accéder au second tour, tandis que le « centre mou » (de retaillot à Glucksmann) est saisi par la peur de perdre ses sièges et pousse pour une candidature unique. Toutefois, réaliser cette candidature unique se heurte aux réalités de terrain : les militants, les équipes de campagne et les rivalités internes (par exemple les retaillots de LR hostiles à Édouard Philippe, considéré comme un traiteur) rendent difficile toute convergence. Le Rassemblement national est lui‑même divisé entre la ligne populaire de Marine Le Pen et la ligne aristocratique, ultra‑libérale de Jordan Bardella soutenue par Laurent Alexandre, montrant un éloignement de son électorat d’origine. L’intervenant affirme que ses analyses et propositions restent inchangées, qu’il n’est pas corruptible et que le véritable enjeu réside dans les divergences de fond entre les candidats, pas seulement dans des questions d’ego, tout en soulignant l’influence des réseaux Bolloré‑Sarkozy sur des figures comme Mme Knapfaux.

En 2025, le choix électoral se présenterait entre François Asselineau, candidat à la présidence de la République française qui se présente comme l’adversaire des oligarques et de l’UE actuelle, et les autres prétendants qui, selon lui, briguent plutôt le poste de gouverneur d’une « United States of Europe » contrôlée par les multimilliardaires. Asselineau dénonce le fait que les vrais enjeux – l’effondrement financier de la France (taux des OAT à 10 ans à 4,27 %), la situation avec la Russie et l’avenir du pays dans l’Union européenne – sont occultés par des polémiques secondaires, notamment celle sur le voile anti‑laïque. Il rappelle que le port d’un couvre‑chef féminin est une pratique ancienne et répandue dans de nombreuses religions (hindouisme, christianisme, islam), citant même les injonctions de saint Paul dans l’épître aux Éphésiens qui prescrivent aux femmes de se voiler pendant la prière. Selon lui, la polémique sur le voile sert de diversion, attirant l’attention des extrêmes tandis que les problèmes structurels restent ignorés. Il conclut que le véritable débat devrait porter sur la souveraineté financière et géopolitique de la France, et non sur des questions symboliques instrumentalisées à des fins politiques.

Jusqu’aux années 1960 les femmes ne sortaient jamais tête nue, comme le rappelait sa grand‑mère, et jusque dans les années 1950 on voyait partout des fichus, chapeaux ou toilettes couvrant la tête des femmes. Il souligne que cette pratique n’est pas propre à l’islam : presque toutes les religions (hindouisme, judaïsme, sikhisme, bouddhisme, christianisme) prescrivent quelque chose sur la tête des femmes, voire des hommes (kippa). Il cite des textes coraniques (sourate 24 : An‑Nur, verset 31 ; sourate des Coalisés, probablement Al‑Ahzab 33 ; sourate Al‑Munafiqun 63) qui recommandent la pudeur et la sincérité, tout en rappelant des parallèles évangéliques sur la discrétion de l’aumône. Le Coran ne fixe pas un style vestimentaire précis : le voile peut aller d’un simple bandeau à un chador, hijab, niqab ou burqa, mais la loi française du 11 octobre 2010 interdit le niqab et la burqa dans l’espace public. Enfin, il appelle à la nuance et à l’intercompréhension des différentes traditions religieuses comme condition du vivre‑ensemble, en insistant sur l’importance de la sincérité plutôt que de l’ostentation.

Depuis 2010, la loi française interdit le port du voile couvrant le visage (niqab, burqa) dans l’espace public, une mesure que l’interlocuteur juge justifiée malgré l’opposition d’extrémistes des deux bords. Il rappelle le discours de Nasser en 1960, où le président égyptien ridiculisait la demande des Frères musulmans d’imposer le voile en soulignant l’incohérence de vouloir l’imposer alors que même leur propre fille ne le portait pas. Des interdictions similaires existent aujourd’hui dans certains pays à majorité musulmane (Tadjikistan, Turkménistan) et certaines municipalités ou hôtels de ces mêmes pays interdisent le burkini, montrant que la position française n’est pas isolée. Il note toutefois un phénomène générationnel : les femmes musulmanes âgées portent de moins en moins le voile, tandis que les jeunes le portent davantage, tendance qu’il attribue à l’activisme des Frères musulmans financé notamment par le Qatar (ex. financement du PSG). Enfin, il appelle à une politique nuancée, respectueuse des droits de l’homme et de la réciprocité, afin d’apaiser les tensions entre les communautés juive et musulmane en France et d’éviter que le double‑aliment ne nourrisse un sentiment d’injustice pouvant conduire à la révolte.

Le locuteur estime que certains jeunes Français musulmans adoptent parfois une attitude provocatrice, rappelant le mouvement de 68 où l’on cherchait à « faire chier » les parents et l’establishment, mais il juge que pour parvenir à un consensus il faut apaiser les tensions et éviter les mesures punitives comme les amendes de Jean‑Philippe Tanguy. Il avance que la vraie élégance et la courtoisie – valeurs présentes dans toutes les civilisations, y compris dans la tradition islamique – doivent s’exprimer discrètement : la foi doit vivre dans le cœur et les comportements, sans ostentation, comme le recommandent les hadiths, et les musulmans pourraient s’inspirer de la pratique des juifs français qui portent la kippa uniquement lors de rites religieux spécifiques. Cette même réserve vaut, selon lui, pour l’orientation sexuelle : chacun peut vivre sa vie privée comme il l’entend, mais en public il convient de ne pas s’exhiber, faute de quoi cela manque de courtoisie et de savoir‑vivre. Ensuite, il invoque Confucius (dialogue avec Tsenglou) pour affirmer que donner à chaque chose son vrai nom est indispensable à toute bonne politique, et soutient que le terme « souverainiste » n’a plus de sens clair en France tant qu’on l’applique à toute personne qui dit « Vive la France ». Sans un vocabulaire précis, le débat sur la souveraineté, la critique de l’Europe ou l’identité nationale reste confus et inefficace.

Le locuteur affirme que critiquer l’Europe est devenu banal et que la vraie distinction réside entre l’indépendance nationale et la simple souveraineté, qu’il juge floue. Il cite Charles de Gaulle, qui, selon lui, considérait l’indépendance de la France comme le véritable enjeu de l’élection présidentielle et aurait même envisagé un référendum sur ce thème. Pour lui, l’UPR se définit comme un mouvement indépendantiste, voire de libération nationale, à l’image du FLN algérien ou du Vietcong, et il oppose cette position à celle des « mondialistes » soumis à des forces oligarchiques et financières. Il critique les figures comme Zemmour, Knafo, Dupont‑Aignan ou Le Pen, qui, selon lui, ne veulent pas réellement sortir de l’UE, et il juge que le prétendu « Frexit » de de Villiers se limite à quelques dénonciations d’accords sans remettre en cause l’appartenance à l’Union. Enfin, il présente l’UPR comme un mouvement transcendant le clivage droite‑gauche, appelant à rassembler tous les Français désireux de préserver l’indépendance de la France, sur le modèle du CNR de de Gaulle.

L'UPR a été créée pour faire sortir la France de l'UE, de l'euro et de l'OTAN et refuse toute alliance avec un parti qui ne partage pas cet objectif de sortie. Son dirigeant répond aux accusations d'« ego des mesures » en rappelant l'intransigeance de De Gaulle, qui considérait que la faiblesse interdisait toute concession. Il souligne ensuite le succès croissant de l'Alternative für Deutschland (AfD) en Allemagne, notamment grâce à Alice Weidel, qui prône la levée immédiate des sanctions contre la Russie et évoque une

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Publié le 2026-09-13T00:20:07+02:00